Cet article s’appuie sur les résultats de l’étude OneNext et OneNext Global de ACPM portant sur le premier semestre 2026.
UNE PRESSE TOUJOURS MASSIVEMENT CONSOMMÉE
On les disait “100 % digitaux”, happés par les réseaux sociaux, définitivement éloignés des médias traditionnels.
Pourtant, les dernières données viennent sérieusement nuancer cette vision.
La presse continue d’accompagner le quotidien des Français, quels que soient leurs usages ou leurs préférences.
94 % des Français de plus de 15 ans lisent chaque mois au moins une marque de presse.
Ce chiffre rappelle une réalité souvent sous-estimée : la presse reste un média de référence.
DES USAGES DEVENUS HYBRIDES
Ce qui a profondément évolué, en revanche, ce sont les modes de consommation.
Le digital s’est imposé, mais sans faire disparaître le reste. Les usages se superposent davantage qu’ils ne se remplacent.
Une large majorité de Français lit à la fois en version papier, digitale et mobile.
Le smartphone s’est installé comme un point d’entrée central, concentrant désormais plus de la moitié des lectures, sans pour autant effacer les autres formats.
Pour les relations presse, cela change la donne. Un article n’est plus un objet isolé. Il circule, se décline et se prolonge dans plusieurs environnements.
LES JEUNES, LOIN DES CLICHÉS
L’un des enseignements les plus intéressants de l’étude concerne les jeunes.
Contrairement aux idées reçues, ils ne tournent pas le dos à la presse, et encore moins au papier.
70 % des 25-34 ans lisent au moins une marque de presse en version imprimée.
Plus surprenant encore, une part significative des 15-24 ans peut être considérée comme de grands lecteurs, avec une consommation régulière et diversifiée.
Ce rapport au papier ne relève pas d’un simple attachement au passé. Il traduit une recherche de repères dans un environnement saturé d’informations.
Le papier offre un temps de lecture plus posé, souvent perçu comme plus fiable, et s’inscrit dans une forme de plaisir que le digital ne remplace pas totalement.
LE RETOUR STRATÉGIQUE DU PRINT
Pour un attaché de presse, cela change la lecture des enjeux. Le print n’est plus un canal dominant, mais il conserve une valeur symbolique forte.
Il crédibilise une prise de parole, il installe une expertise et il permet de s’inscrire dans un temps plus long. Là où le digital diffuse, le papier ancre.
DES CIBLES À RECONSIDÉRER
Autre point structurant, les femmes de 35 ans et plus apparaissent comme des lectrices particulièrement engagées.
Leur niveau de consommation dépasse la moyenne sur l’ensemble des supports.
Elles cumulent volume, régularité et diversité d’usages, ce qui en fait une cible stratégique à forte valeur.
Pourtant, elles restent encore trop souvent abordées de manière uniforme dans les dispositifs RP.
LA FIN DES LOGIQUES EN SILO
Ces enseignements confirment une évolution de fond du métier. Les relations presse ne peuvent plus être pensées en silos.
Opposer print et digital n’a plus de sens. L’enjeu est désormais d’orchestrer des prises de parole capables d’exister sur plusieurs terrains à la fois.
Un même sujet doit pouvoir s’exprimer différemment selon les formats.
Le print appelle du récit et de la profondeur. Le digital attend de l’expertise et de la réactivité.
Les réseaux sociaux exigent une capacité à émerger rapidement dans un flux dense.
UNE NOUVELLE POSTURE POUR LES RP
Réhabiliter le papier dans une stratégie RP ne signifie pas revenir en arrière.
Il s’agit de lui redonner sa juste place, celle d’un média de crédibilisation et de structuration de l’image.
Ce que révèle l’étude de l’ACPM, ce n’est pas un retour en arrière, mais une transformation des usages.
La presse n’a pas perdu son rôle. Elle est devenue multiple, hybride et complémentaire.
Pour les professionnels des relations presse, cela implique un changement de posture.
On ne travaille plus uniquement avec des supports, mais avec des écosystèmes médiatiques. Et dans cet écosystème, le papier reste une pièce clé.